Aller à la rencontre des femmes et des hommes sur leur lieu de travail: c’est le choix fait par RECONFORT RDC pour aborder les violences basées sur le genre dans les carrières minières artisanales de Kolwezi. Le 13 octobre, cette démarche de proximité a permis de sensibiliser 291 personnes en une seule journée.
Le 13 octobre, les quatorze sensibilisateurs de RECONFORT RDC se rendent sur les sites de Biwaya, UCK et Menuiserie, dans le Lualaba. Sur place, ils échangent avec 143 femmes et 148 hommes. Les discussions partent du travail dans les carrières et des abus qui marquent le quotidien.
Ici, la sensibilisation s’adapte au rythme du travail. Pour les laveuses, les trieuses et les négociantes, quitter la carrière peut signifier renoncer à une partie des revenus de la journée. Les équipes profitent donc des temps d’attente pour engager la conversation. Pas besoin de rejoindre une salle d’atelier : les échanges se tiennent sur les lieux mêmes de l’activité.


Une situation concrète sert de point de départ : après une journée de travail, une femme voit un creuseur s’emparer de sa production. Autour d’elle, personne n’intervient. C’est cette dépossession que les sensibilisateurs mettent en discussion.

Le message de RECONFORT RDC est sans détour : prendre ainsi le fruit du travail d’une femme n’est pas un usage du métier. C’est un vol. Les équipes invitent les personnes présentes à nommer ces pratiques, plutôt qu’à les accepter comme une fatalité.
Les hommes sont eux aussi interpellés : lorsqu’une femme se fait prendre sa production devant vous, que faites-vous ? La question ouvre les échanges sur la masculinité positive. Elle ramène la discussion à la place des témoins et à leur réaction face aux abus.
À Biwaya, une participante fait le lien avec son quotidien : « Ce que vous dites est une réalité, nous le vivons chaque jour. » Son témoignage rejoint les situations abordées pendant la sensibilisation.
Les échanges trouvent aussi un prolongement collectif. Sur chaque carrière, des groupes de femmes se mettent en place pour ne plus laisser chacune seule face à la dépossession de sa production.
Cette activité de sensibilisation a donné une suite concrète à la journée : au-delà des discussions, les femmes commencent à se regrouper face aux abus, selon les témoignages.
Rappelons que cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre du projet Voix et Leadership des Femmes Renouvelé VLFR et bénéficie du soutien financier des Affaires mondiales Canada et de l’accompagnement technique de Centre Canter, dans le cadre du programme Voix et Leadership des Femmes Renouvelé.
Par La Rédaction